Qu'est ce qu'un appui-tête ?
Un appui-nuque ou appui-tête (ou encore headrest ou neckrest en anglais) est un petit objet taillé en général dans du bois permettant à son propriétaire d’apposer sa nuque afin que sa tête ne touche pas le sol. Utilisé partout dans le monde mais principalement en Afrique, l’appui-tête évite le contact direct de la tête avec le sol ce qui permet par exemple de préserver des coiffures élaborées. L’appui-tête peut être-utilisé lors de la sieste ou la nuit. Certaines ethnies produisent des appui-nuque suffisamment massifs pour s’en servir également comme tabouret, d’autres très instables afin que les bergers se reveillent au moindre bruit en cas de vol de bétail.
Au-delà de sa mission fonctionnelle, l’appui-nuque peut revêtir pour certaines ethnies une mission supplémentaire et ainsi participer à la communication avec les ancêtres qui sont dans l’au-delà. Cette fonction spirituelle a été formidablement bien décrite dans l’exposition consacrée aux appuis-nuque, en 1989, par le Musée Dapper: « supports de rêves ».
On trouve des appuis-nuque dans de nombreux pays d’Afrique noire mais pas dans tous les pays. Les plus nombreux sont les éthiopiens, les soudanais, les kenyans et les namibiens. Parmi les plus belles pièces soulignons celles d’Afrique du Sud, du Zimbabwe, du Mozambique, du Swaziland, de la République Démocratique du Congo ou encore du Mali. Certains de ces pays ne produisent plus de nouvelles pièces mais les pièces anciennes sont transmises aux nouvelles générations qui les utilisent encore dans les villages.
L’appui-nuque se compose généralement de trois parties :
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le linteau qui permet d’apposer la nuque,
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la base qui repose sur le sol,
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le support qui relie la base au linteau.
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Sur la base de ces trois éléments il y a de nombreuses variantes avec par exemple, des supports composés de poteaux sculptés finement avec des gravures, des supports en forme de cône, des supports en forme d’animaux, des supports faisant office de canne, des linteaux très incurvés, des linteaux en forme de « U » ou encore des linteaux avec des excroissances ou des « oreilles »comme par exemple chez les Swazis. Les décorations sont très souvent personnalisées et reflètent son propriétaire : des pièces nous apprennent ainsi sur le propriétaire : son métier, son nombre de frères et sœurs, son nom , sa date de mariage, son nombre d’enfants, bref souvent une véritable carte d’identité de chacun
Il existe des appuis-tête individuels ou pour 2,3,voire 4 personnes couchées côte à côte ou « tête bêche »
Beaucoup dorment sur le côté et de ce fait la hauteur de l’appui-tête correspond à la largeur de l’épaule de son propriétaire. Ce qui constitue une méthode pour déterminer si le propriétaire était un homme, une femme, voire un enfant.
Je ne pense pas qu’il soit possible de recenser• toutes les formes existantes même s’il est possible de reconnaitre les formes par ethnies. C’est cette variété presque infinie qui rend, à mon sens, les appuie-nuque fascinants. Beaucoup se sont essayés à créér des nomenclatures et ont pu mesurer la difficulté de l’exercice même au sein d’une seule ethnie, du fait de cette diversité.
L’appui-nuque est un objet personnel. Son propriétaire y porte donc la plus grande attention et cela d’autant plus que ne pouvant s’autoriser qu’un nombre très limité d’objets personnels du fait de ses déplacements fréquents. L’appui-nuque porte donc la trace de toute cette affection de son propriétaire. En Afrique australe ils sont parfois qualifiés « d’appui-nuque héréditaire », c’est-à-dire qu’ils se transmettent de père en fils, il est alors souvent l’objet de réparation sur plusieurs générations.
Au fil du temps le bois de l’appui-nuque se patine du fait d’un usage répété et des contacts fréquents avec le corps du propriétaire. Ici aussi le collectionneur averti recherchera le plus de marque d’usure possible voire de réparations
Les appuis-nuque appartiennent à la catégorie des objets fonctionnels ou domestiques, appelés objets usuels par opposition aux objets figuratifs ou fétichistes. Paradoxalement, lorsque les portugais découvrirent l’Afrique, leur attention se porta d’abord sur les objets fonctionnels (cuillères et armes par exemple) et seulement plus tard les européens se concentrèrent essentiellement sur les objets dits figuratifs et fétichistes (masques, cimiers, fétiches…) et cela pratiquement jusqu’à aujourd’hui
Extrait (complété) de l’ancien site « Collection Audouin » Odilon Audoin troisième génération de collectionneurs français d’appuis-tête détient une superbe collection de pièces éthiopienne et en est un expert reconnu. Il a cédé son début de collection Swazi à Headrestparadise dans les années 2000. Merci à lui
Original ou copie ?
Original, Copie, Reproduction, Imitation, Faux
Les sculpteurs d’appui-tête sont sans aucun doute de grands artistes qui acquièrent un sens de l’esthétique, de la créativité et des connaissances techniques. Comme toute forme d’art, la sculpture en général et plus précisément celle de l’appui-tête n’échappe pas à toutes sortes de reproductions artistiques.
En 1974, le musée du Louvre à Paris présenta une exposition complète (intitulée « copie, répliques et pastiches ») sur toutes les formes de reproduction artistique, basée sur une sémantique simple et universelle :
I. L’ORIGINAL : c ‘est une première œuvre issue de la créativité et de la réussite de l’auteur.
II. ON PEUT DISTINGUER DEUX TYPES DE REPRODUCTIONS :celles qui, du moins à l’origine, ne sont pas destinées à induire en erreur (copies ou imitations) et celles créees dans l’intention de tromper (les faux et les contrefaçons).
1/ Reproductions non trompeuses :
a/ La copie: c’est une reproduction fidèle réalisée sans intention de tromper. Mais dès qu’elle quitte le domaine privé, à fortiori, pour être commercialisée , elle doit être exécutée en dimensions différentes de l’original.
Cette copie a été commercialisée, achetée à faible coût par la collection Headrestparadise connaissant parfaitement les faits puisqu ‘elle possédait l’original.
Ici, le plus grand appui-tête est une copie de bonne qualité et une homothetie parfaite de l’original. Même la fissure sur la roue est reproduite.
Ici, le plus petit appui-tête est une copie de moindre qualité. Les formes en trois dimensions ne sont pas homothétiques comparées à l’original. La finesse des gravures et la patine sont de qualité inférieure à celle de l’original.
Le problème concernant la reproduction des appuis-tête est que seuls les experts connaissent une grande partie des originaux et sont capables d’identifier les copies grâce à divers paramètres (cf. ci-après).
b/ L’imitation : c’est une copie qui peut éventuellement inclure une partie de l’interprétation de l’art ou du style autrement dit c’est un ouvrage réalisé « à la façon de …. »
2/ Reproductions et tromperies :
a. Le faux : c’est une pièce inventée et créée « dans le style » d’un artiste, incluant ou non une signature (rare en termes d’appui-tête) dans le but de tromper l’identité de l’ auteur .
Le plus petit est l’original et le plus grand « dans le même style » est un faux Nguni, tous deux appartenant à la collection Headrest paradise .Pour autant le faux n’en demeure pas moins une œuvre esthétique mais moins ancienne peu ou pas utilisée sur site, sa valeur marchande est donc moindre Si cette décote est reconnue de tous il est alors normal de considérer qu’il n’y a pas eu tromperie.
b. La contrefaçon : il s’agit d’une reproduction d’une pièce existante sans autorisation de l’auteur dans le but de la tromper.
Ici, au-dessus de l’original en bas de la photo (collection HeadrestParadise, ex : Collection Perthica) et en haut, la contrefaçon acquise avant coloration et finitions.
IV. VALIDATION D’UN ORIGINAL : Pour éviter la contrefaçon, certains évitent d’indiquer les dimensions des appuis-tête dans les livres d’art ou les catalogues. Pourtant quelque soit la dimension de l’appui-tête de multiples paramètres autres permettent de se faire un avis de l’authenticité d’une pièce même si les meilleurs experts ne peuvent garantir leurs avis en la matière.
Dans le cas des appuis-tête, deux composantes rendent la validation d’un original plus complexe :
1/ L’âge de la reproduction : Si les faux sont contemporains de l’artiste, ils rendent la détection plus difficile non seulement pour les experts mais aussi pour les méthodes scientifiques. Ces moyens sont presque inexistants pour les appuis-tête ; en fait, jusqu’au milieu du XXe siècle, ces sculptures n’avaient qu’une valeur sentimentale et n’ont donc pas été reproduites. Cependant, on peut trouver des « séries originales d’appuis-tête » réalisées par les mêmes sculpteurs, comme par exemple Stechmani au Swaziland.
Swazi Stechemani – 5 des 8 de la serie – Headrestparadise Collection
2/ L’utilisation des appuis-tête : ces sculptures ont une dimension supplémentaire par rapport aux autres œuvres d’art ; elles étaient des objets utiles utilisés par leurs propriétaires d’origine. Ils portent donc les stigmates de cette vie quotidienne qui augmentent leur valeur. Éclats, fissures, gravures, brûlures, patines, odeurs… tous des signes de vie qui auront un impact positif sur la valeur d’une pièce lorsqu’elle reflète une expérience, et négativement lorsque la sculpture est endommagée.
L’utilisation (précautionneuse) d’experts :
Nous ne pouvons que conseiller aux acheteurs de pièces de valeur (certains appuis-tête ont dépassé les 60 000 €) de contacter un expert afin d’authentifier le caractère original de l’ œuvre, son âge et sa rareté.
L’expert pourra commencer à examiner les marques d’usure et les blessures faites par le temps.
Les brûlures pour les appuis-tête qui servaient de chandeliers dans la cabane :
Les appuis-tête sont parfois cassés au décès du propriétaire :
Reposes-tête mutilés pour marquer la séparation d’un couple :
Recto et verso (extrait de la collection Headrestparadise)
Les experts commenceront par leur première impression instinctive et intuitive , puis ils chercheront à confirmer en analysant :
La beauté de l’objet, l’équilibre de ses formes en trois dimensions, la qualité technique et la précision de la sculpture ainsi que l’esthétique des gravures et de la décoration de l’objet.
Rareté : certaines formes sont courantes, d’autres très originales. L’assimilation d’une pièce à une sous-famille permet souvent de déterminer approximativement l’origine géographique et parfois la période. Le style de la pièce, lorsqu’il est caractéristique, permet également de déterminer le sculpteur.(voir livre Architecture of sleep)
La patine et l’expérience : La patine au-delà des couleurs scintillantes marque aussi le degré d’ utilisation de l’objet. Mais plus largement, les dommages causés à l’ œuvre peuvent témoigner de la vie de son propriétaire :
L’odeur : souvent fumée à cause de sa proximité avec la cuisine dans la cabane, parfois malheureusement de cire si le collectionneur voulait mettre en valeur la patine.
Enfin, la provenance : c’est un élément essentiel du caractère original de la pièce, mais aussi de sa valeur. La provenance inclut la région, ou plutôt le village, le nom du propriétaire et son histoire, le nom du sculpteur ainsi que la date et le contexte de la création. Cette information contribue fortement à la personnalisation de l’objet et donc à sa valeur. La majorité des pièces des collections Headrest Paradise est bien documentée en termes de provenance ce qui constitue la richesse ethnographique et culturelle de ses collections.
Pourtant, trop de gens se considèrent comme des experts. Par définition, un expert ne peut être expert que sur un sujet très spécifique, compte tenu du nombre de pays dans le monde disposant d’appuis-tête et du nombre d’ethnies en Afrique, personne ne peut prétendre être un expert des appuis-tête en général.
Surtout, soyez méfiant et utilisez votre bon sens pour demander conseil.
Texte Headrestparadise
Quels critères d'achat ?
Pas de règles d’or pour acquérir de l’art africain.
Par Shaun, collectionneur d’art africain
Pour être honnête, nous nous sommes tous posés la question à un moment donné :combien vaut »vraiment cette pièce ? »
Et bien, malheureusement, il n’y a pas de référence, pas de solution miracle, pas de certitude en la matière. Cependant, il y a une règle d’or : n’achetez que ce que vous aimez et payez ce que vous estimez que l’œuvre a de la valeur pour vous, ainsi vous ne vous sentez jamais trompé ou escroqué. Collectionner l’art africain ne concerne pas nécessairement l’enrichissement financier, mais plutôt l’appréciation et le plaisir que procure l’œuvre.
Le fait de collectionner des objets tribaux n’est pas comparable à la collection d’argenterie poinçonnée : c’est une passion, une appréciation et une quête. Si vous avez un bon œil et que vous « faites vos preuves », pour ainsi dire, cela vous paraîtra plus facile.
Chacun a ses propres opinions — et c’est ce qui fait tout l’intérêt de cette activité : nous sommes aussi uniques que les pièces que nous collectionnons. Je viens du Zimbabwe, donc je collectionne naturellement l’art d’Afrique australe, auquel je peux m’identifier ; j’essaierai donc d’utiliser des exemples que vous trouverez en Afrique australe.
Les véritables artefacts africains sont rares et difficiles à trouver, et il existe actuellement un marché florissant de faux et d’objets dits « de curiosité ». Il est donc important de savoir ce qu’il faut observer et comment reconnaître une pièce authentique. Il n’existe pas de formule ni de principes stricts à suivre pour l’identification, mais si je devais en citer quelques-uns, je dirais : la patine, la texture et l’usure, les matériaux et le savoir-faire, l’odeur et le contexte.
Je vais tenter de décrire chacun de ces éléments, mais comme vous pouvez l’imaginer, rien ne remplace le fait de tenir une pièce entre ses mains et de l’examiner de visu. On peut presque instantanément apprécier une œuvre dès qu’on l’a en main, mais malheureusement il n’est pas facile de traduire des sensations en mots.
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PatineLa patine est la combinaison de la couleur, des nuances et de l’éclat d’une pièce. Elle se forme avec le temps et est difficile à reproduire ou à imiter de manière convaincante. En général, la répartition des couleurs d’un objet doit être cohérente avec ses lignes et révélatrice de son usage prévu ; ainsi, les parties les plus exposées sont généralement plus claires, tandis que les creux ou les zones qui n’entrent pas — ou n’entreraient pas — en contact avec d’autres objets sont plus sombres. Les zones plus claires, qui ont été exposées à l’usure, doivent présenter une profonde luminosité. Étant en Afrique, vous avez peut-être déjà eu l’occasion de voir un poteau de frottement de rhinocéros ; si c’est le cas, vous visualiserez immédiatement ce que j’entends par « éclat ». Rappelez-vous également que les tribus d’Afrique australe n’avaient pas pour habitude de pratiquer des libations ; la patine épaisse et croûteuse que l’on trouve sur certaines autres pièces tribales n’est donc pas quelque chose à quoi l’on s’attendrait pour des œuvres d’Afrique australe.
Prenons par exemple l’image ci-dessous : le bord de la base, là où il est le plus haut et le plus susceptible d’entrer en contact avec les mains (indiqué par les flèches blanches) et d’autres objets, est plus clair, tandis que les courbes et les reliefs sont plus foncés (indiqués par les flèches rouges). Les flèches jaunes montrent une zone endommagée qui est cohérente avec la patine et l’usure du reste de la pièce.
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TextureToutes les pièces anciennes ont la même sensation : elles ont une texture « soyeuse » où toutes les aspérités et arêtes vives ont été usées et ne sont plus gênantes ni distinctives au toucher. Cette douceur doit se ressentir sur l’ensemble de la pièce… pensez à un galet bien poli par l’eau d’un ruisseau. Il ne devrait absolument y avoir aucune trace de polissage ou de ponçage (petites lignes parallèles ou rayures).
Les zones exposées à un usage quotidien doivent refléter une usure « probable » et cohérente pour cette région de la pièce. Par exemple, la barre transversale d’un appui-tête (où la personne aurait posé sa tête ou son cou) doit montrer cette usure douce due au contact avec la peau et les vêtements, ainsi qu’éventuellement les effets de la sueur et des onguents. Ce que vous devriez voir, c’est le grain du bois qui commence à apparaître, avec des crêtes se formant le long des cernes de croissance.
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UsureLa base, en revanche, aurait subi un type d’usure différent et serait en grande partie plate et uniforme, sans usure entre les cernes de croissance. Les anciens appuis-tête, par exemple, ont des bases incroyablement lisses, ce qui témoigne de nombreuses années de mouvements et d’abrasion contre d’autres surfaces. Un objet dont la base ou le support est rugueux est peu susceptible d’avoir été beaucoup utilisé. L’image ci-dessous montre la base de l’appui-tête de l’image précédente ; vous pouvez voir que la texture est différente en raison du type d’objets avec lesquels chaque extrémité était en contact.
L’usure est un indice évident d’authenticité. L’usure ne se manifeste pas seulement par des bosses et des rayures aux endroits les plus probables, mais elle est également répartie de manière uniforme sur l’ensemble de la pièce. Certaines zones peuvent présenter des encoches ou des éclats plus importants, mais elles doivent tous avoir le même niveau d’usure. Les éclats, les dommages et les réparations sont une conséquence inévitable du temps. Les incisions et les sculptures décoratives accumulent de nombreuses années de poussière, de graisse et d’autres dépôts au fil du temps ; ce n’est pas quelque chose que l’on peut facilement reproduire. J’ai signalé précédemment l’éclat à la base de cet appui-tête Shona et vous remarquerez également, sur l’image précédente du dessus de l’appui-tête, que les incisions triangulaires sont partiellement remplies.
Tous les objets africains ont été créés dans un but précis, il convient donc de vérifier que l’usure sur la pièce est cohérente avec la fonction pour laquelle elle a été conçue. Par exemple, si vous prenez une lance, un bâton ou un knobkerrie authentique, vous pouvez littéralement ressentir l’empreinte de la main des propriétaires précédents au point de pivot ou au centre de gravité de l’objet. Le bois à cet endroit s’usera davantage à cause de l’abrasion des mains que le reste du manche.
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Artisanat / MatériauxLa grande majorité des pièces sont fabriquées à partir de matériaux organiques (bois et cuir), mais de nombreux autres matériaux (métal ou pierre) sont utilisés dans une moindre mesure. Les matériaux organiques réagissent à l’environnement dans lequel ils se trouvent et peuvent parfois montrer des signes de détérioration liés au milieu. Cela est particulièrement visible lorsque des matériaux organiques et inorganiques sont utilisés ensemble, par exemple des clous en laiton sur une pièce en bois. Avec le temps, les clous en laiton vont naturellement se « travailler » dans le bois à mesure que celui-ci se dilate et se contracte. Lorsque vous examinez les matériaux utilisés, vous devez vérifier s’ils auraient été disponibles ou utilisés à l’époque à laquelle la pièce est censée appartenir. Le fil de laiton, par exemple, existe depuis longtemps, mais lorsqu’on regarde une pièce ornée de fil de laiton, on est stupéfait de voir comment il a été tissé si parfaitement sur la pièce : il est tissé, pas enroulé. De plus, le fil de laiton n’est pas du fil de cuivre ! Il est impressionnant de constater à quel point ces pièces sont remarquablement bien réalisées, compte tenu de la disponibilité et de la qualité des outils à la période précoloniale. Je peux honnêtement dire que, parmi toutes les pièces que j’ai vues, les anciennes sont mieux fabriquées et présentent un meilleur équilibre de design que n’importe quel objet de curiosité ou faux. Il existe un niveau élevé d’attention aux détails, mais cela est équilibré par la simplicité et l’efficacité visuelle. La qualité de fabrication est uniforme sur l’ensemble de la pièce. Par exemple, dans les arches et les espaces sous une barre transversale, sous la base et dans toutes les zones difficiles à sculpter et difficiles à rendre lisses. Les anciennes pièces sont remarquables en ce sens que chaque surface présente le même niveau de finition, la même attention au détail et à la qualité. La seule différence est que la patine évolue avec le temps, devenant plus foncée dans ces zones difficiles d’accès. Les deux images ci-dessous illustrent cela : la première montre le niveau élevé de finition de la pièce en général, et la seconde est prise par en dessous, montrant que l’artisan a accordé autant d’attention aux parties que l’on ne voit pas qu’à celles que l’on voit.
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OdeurVous pensez probablement que c’est étrange à mentionner, mais l’odorat est un autre sens que vous devez utiliser pour l’identification – les anciennes pièces ont des odeurs très distinctives. C’est difficile à expliquer, mais le terme le plus simple et probablement le plus générique serait celui d’« odeur de boutique d’antiquités ». Il ne s’agit pas de graisse pour cuir, d’huile, de cire, de fumée excessive ou de l’une de ces autres odeurs. |
ContexteÀ mesure que vous gagnerez en expérience, vous commencerez à reconnaître des styles et des formes qui indiquent une tribu spécifique. Parfois, ce n’est pas si facile, mais même dans ce cas, vous pourrez généralement limiter votre identification à deux ou trois tribus au maximum. Une fois que vous avez cela, vous devriez utiliser vos connaissances sur cette tribu pour vérifier si la pièce est cohérente avec elle. Mais il arrive aussi, de temps en temps, que vous trouviez un masque qui n’est cohérent avec aucune tribu dans aucun contexte ! Cela prouve que l’individualité était également importante, et c’est fantastique. |




